La question de la préservation comme de l’utilisation des archives de chercheurs suscite de plus en plus d’intérêt même si la France ne décline pas encore de réelle stratégie en ce domaine. Les complexités juridiques et institutionnelles, les barrières techniques et financières et les questions psychologiques et morales, sont autant de menaces pesant sur la préservation de la mémoire du temps présent, et ce sans que les communautés scientifiques n’en soient pleinement conscientes. Cet article rappelle l’intérêt qu’il y a, pour une discipline, à organiser correctement la préservation de sa mémoire. Il décrit les incertitudes qui traversent la situation juridique et institutionnelle française, et la complexité qui en découle pour le travail de préservation. Ceci permet de questionner les principes FAIR et d’avancer des arguments pour une application subsidiaire de ces principes, afin qu’ils ne remettent pas en cause les efforts de préservation d’archives.