Sur la chaîne de production de l’intelligence artificielle. Une sociologie du travail algorithmique
Camille Girard-Chanudet
What the paper says
Cet article traite du travail de conception de l’intelligence artificielle (IA). À partir d’une enquête ethnographique menée au sein d’un service spécialisé de la Cour de cassation, il montre que la fabrique algorithmique mobilise de multiples acteurs qui, au-delà des seules professions techniques, participent au travail des données qui sous-tend l’IA. Magistrat·es, annotatrices et data scientists concourent, selon des configurations et des temporalités distinctes, à l’effort d’encapsulation du contenu des décisions de justice, nécessaire à l’automatisation de leur traitement. Iels réalisent un travail constant d’articulation, visant à faire coïncider les éléments hétérogènes et imprévus contenus dans les décisions de justice avec un système rigide de classification. L’article identifie trois étapes structurantes de ce travail : la mise en classe, la mise en calcul et la surveillance algorithmique. Loin de se succéder de façon linéaire, celles-ci sont caractérisées par des doutes, des allers-retours et des ajustements, par lesquels les travailleureuses de l’IA cherchent à pallier la résistance que les données opposent à leur catégorisation. Les activités et choix opérés collectivement donnent corps, progressivement, au dispositif algorithmique et aux résultats que celui-ci produit. Cet article participe ainsi à l’édification d’une sociologie du travail algorithmique attentive aux acteurs engagés dans le développement et la maintenance de l’IA.
Evidence weight
Balanced mode · F 0.40 / M 0.15 / V 0.05 / R 0.40
| F · citation impact | 0.50 × 0.4 = 0.20 |
| M · momentum | 0.50 × 0.15 = 0.07 |
| V · venue signal | 0.50 × 0.05 = 0.03 |
| R · text relevance † | 0.50 × 0.4 = 0.20 |
† Text relevance is estimated at 0.50 on the detail page — for your query’s actual relevance score, open this paper from a search result.